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A la grâce des heures ( prière de l'abbaye de Vaucelles et d'Amiens) ...

« A la grâce des heures, se succèdent la grâce des Hespérides ensorcelées et dansantes.

Aux chaudes heurs de la journée, les parfums sucrées emmêlent l’âme des souvenirs perdus et retrouvés dans les entrelacs végétaux. »

«  La beauté frappe, le voyageur dans son trépas, car il découvre enfin que les heurs ne sont pas vaines, que chaque instant est empreint de divin »

« L’art n’est pas d’écrire mais de contempler à l’arrêt des heurs divines, de celles où la prière des frères se mêlent aux premiers et dernières lueurs du jour , ce qui est offert.

Dans chaque chose, il y a comme une étincelle, une notion de vie plus intime de compréhension que l’univers est juste là, effleuré par nos pas » 

 

«  Je n’ai jamais cessé d’aimer ces jardins  séculiers où l’empreinte de Dieu semble se poursuivre à l’infini.

Il semble que le prieur ne cesse jamais sa quête, qu’il rêve à d’autres cieux si semblables  aux heures de la nuit, son chant montant vers des étoiles oubliées du cœur des hommes en mouvement.

Ainsi est la guerre, elle marque leurs chemins d’ombres et dans ces lieux, nous la restaurons de lumière. »

 

« Il y a ici des emplacements stellaires.

Ils suivent par ce chemin  des saints, les rythmes, d’autres horizons, inscrits en heures et psaumes dans nos repas, prières, observations.

Toutes les plantes de ce jardin, tous nos poissons et autres espèces que nous entretenons en ce lieu suivent cet état de fait »

 

« Le temps , les hommes croît et décroît au rythme des heures inscrites en ces lieux.

Jamais, n’ont été plus beaux les cieux , écoutant respirer le cœur de tous les hommes.

Le temps croît et décroît de la naissance à l’autre vie, il se meut de sa lenteur propice aux songes.

Il nous marque de sa sagesse immuable.

Tandis qu’au loin les hommes s’entredéchirent, oubliant que ce temps effacera les acrimonies et laissera place au divin à nouveau »

 

«  Je n’ai plus d’âge.

Mais à la force de ces lieux,

Je comprends que l’âge n’est rien,

Il n’est qu’un passage, une parenthèse pour montrer au temps défilant des vivants,

Les marques de son passage, de ses pas sur son chemin de vie .

L’âge n’est pas ce qui fait grandir

Mais la matière dont il est issu et qui toute sa vie l’imprègne.

Il ne comprend  bien qu’au terme de sa vie,

Quand enfin en silence, il parle avec Lui et goûte alors sous d’autres cieux sa vie oubliée . »

 

«  Ici, tout est nourri par nos soins quotidiens.

La terre y est aussi sacrée que le pain que nous partageons entre frères.

Nous avons placé nos cultures et nos sources d’eau sur des principes anciens qu’Euclide a écrit dans les dernières réflexions de sa vie et de Galilée qui parle de manière si juste de la terre et des ses troubles, chants  et mouvements .

Nous avons nous même ici calculé les astres, peint des cartes aux visions infinies, plus allégoriques que celles de vos visions futures si empreintes de science , qui oublient la danse des constellations, des migrations étoilées, des sciences astrologiques qui demandent une telle ouverture de cœur.

L’homme ne peut être fait que de sciences, il doit se souvenir sans cesse que sa venue au monde de la vie est liée à bien d’autres circonstances impétueuses.

Nous avons eu ici quelques petits miracles ,où Dieu nous rappelait que hors la vie peut naître la vie.

Nous avions parfois pu observer le passage d’astres dans nos cieux.

Il y a au firmament des heures, de telles songes, de telles compréhensions qui laissent l’incroyant  en attente de foi.

Tout ce lieu est bâti sur les inclinaisons des heures des ombres et les heures de prières.

Il semble tourner sur lui-même comme danse la lumière au cadran.

La terre qui n’est jamais régulière en son centre, chante et il nous apprendre de ce chant pour comprendre et écrire sur le caractère des êtres et des animaux qui est si dissemblables alors suivant ce chant , tout comme il est dissemblable au passage d’astres et au cycle des lunaisons qui givre le sol comme elle emprisonne l’homme le plus fragile.

Ce qui s’inscrit à la surface de  la terre , s’inscrit dans les astres , tout semble être de la source du divin. »

 

«  la guerre est venue de loin, nous l’entendons sourdre dans nos prières.

Elle survient , chaque fois, qu’il oublie que sa volonté  n’est autre que les auspices plus radieux et plus célestes.

Alors, il part pour entrer dans le chemin houleux des ténèbres, où la mort habite le vivant plus ardemment que la vie elle-même.

Il faut alors, bien au-delà des prières et de la foi, beaucoup d’espoir à celui qui prie et songe à de meilleurs cieux, pour sortir de l’ornière celui qui ne croit plus et qui s’éteint de trop d’injustices »

 

« Notre richesse , nous l’avons partagée, car nous étions devant Dieu  des frères.

Nous avons marché de longs pélerinages afin de rassembler les hommes sous la bannière de Dieu.

Mais bien des hommes meurtris, nous ont jeté l’opprobre sur notre congrégation, de leurs cœurs lourds.

Certains abbés ont appelé ces hommes, des incroyants, voulant les bannir de leurs églises et de richesses qu’ils voulaient préserver de ce qu’il leurs semblai être du désir.

Alors que ces incroyants, avaient juste honni  le chemin de leurs cœurs et de leurs vies.

Nous l’avions vu , nous qui donnions l’aumône aux plus démunis.

L’Eglise, pour beaucoup d’entre nous ,frères de prières , s’est divisée, d’une part la richesse et de l’autre part les hommes d’un peuple asservi à ses meurtrissures dont il leurs semblait que  Dieu ne les entendait plus.

Nous avons fui celle qui depuis des siècles , avait su protéger notre congrégation.

Nous avons du quitter les habits, pour en prendre d’autres plus cachés afin de servir toujours cette Eglise qui nous était si chère et qui nous rendait si proche de lui .

Le temps ne nous a pas éteint .

Nous avons continué bien au-delà, souhaitant la miséricorde pour les hommes dont malgré notre foi, nous étions issus.»

 

« Il n’y a de démons que dans ceux qui les créent chaque jour en eux. »

 

«  Ici nous partageons notre pain quotidien sous l’égide seule de Dieu.

Il est notre chemin de conscience.

Placés ainsi sous son égide et loin des tumultes,

Nous avons pu écrire nos observations pour poser les pas d’une nouvelle foi, qui donnerait  à l’Eglise, Maison de Dieu offerte aux hommes, un regain perdu.

Nous avons regardé et observé l’esprit en éveil ,la nature, le flux des eaux, pour en comprendre chaque signe , chaque instant, pour comprendre l’évolution afin de mieux servir l’homme par un enseignement qui le sortirait de sa condition d’homme miséreux.

Nous avons écrits dans la langue des moines , des enseignements devenus caduques de par cette langue perdue et de par ces hommes dont nous étions nés, qui nous l’avons compris que trop tard , sont entrés en guerre après nous.

Il semblait juste à leurs yeux, de nous rappeler que nous n’étions pas des Dieux, que nos richesses étaient aussi les leurs et qu’eux , tout comme nous, étions placés sous son égide lumineuse.

Nous avions compris à cet instant de tourmente, que nous étions fait du même bois, de la même force originelle, que nous étions frères au-delà de l’Eglise.

Nous avons oublié qu’au-delà de nos murs, des hommes souffraient.

Nous, frères, qui prions, avions oublié dans notre infinie richesse de partager avec le plus simple des croyants dont l’innocence fût entachée de faim, d’abandon, de trahison.

Il nous fallait réparer cette faute.

Mais les hommes de guerre vont plus vite que les hommes de paix et de sagesse.

Et nos écrits sont restés las de nos incertitudes et de notre peur de mourir dans des ombres qui n’étaient pas les nôtres.

Pardonnez nos offenses aux plus humbles des hommes.

Que notre prière accompagne au-delà des heures éternelles, ce voyageur sous de meilleurs cieux.

Et qu’à la faveur de cette souffrance pansée, nos prières puissent de douceur l’entourer afin qu’il retrouve l’innocence de son temps de vie, que des hommes de guerre, lui ont pris. »

 

« La prière est une offrande perpétuel au voyageur sans appui ».

 

 

«  Il fût un temps où l’homme trouvait son chemin dans une foi plus pure.

Il ne doutait pas des visions qui se posaient en lui.

Il accomplissait sa foi comme on ensemaille un champ et où on attend une récolte foisonnante placée sous des lumières célestes.

J’ai laissé mon regard , erré songeur, dans ces dentelles de pierres, dans ces entrelacs sculptés par d’humbles travailleurs.

J’ai vu prendre alors prendre forme la liberté de l’âme non plus enclose dans ce corps de chair de pierre, mais libéré par les mains de sculpteurs à la beauté créatrice agile et fragile.

Donnant la vie à la glaise, donnant le mouvement au figé.

Créant la musique ,là où le silence taisait le chant d’une vie de pierre.

Donnant naissance à l’âme en contemplation ,

Libre de ses songes, elle, de ses ailes ,

monte aux frondaisons des arcs de pierre,

où d’infinis fruits poussent majestueux ,

sur lesquels veillent de célestes êtres et des astres aux formes d’animaux

qui ne trouvent leurs chemins que dans les songes

 

et dans la prière qui dans la nef vit à l’infini.

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